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Comprendre Concepts
et terminologie
Le surdouement
est un domaine complexe, sa bonne
compréhension
ne peut se
faire que par une réelle approche
pluri- disciplinaire
: physiologique, psychologique, sociopsychologique,
éducative et
pédagogique. Or, l’enfermement des
spécialités dans leur secteur
d’intervention, leur manque de
coopération outrancier, ne
facilite pas les choses pour une compréhension et une action
qui
doivent prendre en compte l'ensemble des champs
évoqués.
Du flou... au pire ! Le flou certain de la terminologie employée en ce domaine est hautement préjudiciable. Pour nommer les ± 2,37% ou les 4,78% (selon les auteurs et les seuils choisis) de la population générale, pourvus d'une efficience intellectuelle très supérieure, ont fleuri des appellations aussi diverses et parfois malvenues que :
Chacun y va donc de son propre terme pour se différencier des autres, mettant en avant tel ou tel aspect plutôt que la globalité et entretenant la confusion au détriment même du domaine qu'elles croient ainsi mieux servir (Ah ! Le règne de l'ego !). « Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément. » [1] Derrière les mots, se cachent les concepts, il importe donc de clarifier les uns et les autres et d'assurer une cohérence qui cor- respondent également aux réalités tangibles. C'est à cette tâche que se sont attelés les experts d'Eurotalent, en premier lieu Robert Pagès et, ici, Jean Brunault [2] : « Comme tous les enfants ont leur lot
d’aptitudes, tous
sont doués : il ne convient
pas de distinguer des enfants doués (gifted
en anglais) et d’autres qui ne le
seraient pas (donc ungifted). C’est
pourtant ce qu’on risque de dire (et ce qu’on a lu quelquefois
dans la
même langue) quand on parle
simplement d’enfants doués. C’est
pourquoi
nous sommes convenus de parler des enfants plus doués ou surdoués à tel
ou tel égard. »
Crée en 1970, par le neuropsychiatre Julian de Ajuriaguerra : « On appelle enfant surdoué celui qui possède des aptitudes supérieures qui dépassent nettement la moyenne des capacités des enfants de son âge. » Ce terme est celui qui définit le mieux la surefficiences intellectuelle dans sa spécificité et sa globalité. Certains, par frilosité, ont préféré précocité, mais Bru- nault & Pagès [3] en repoussent l'emploi : « La considération du douement et de
son traitement individuel et social la
vie durant a été la justification principale de notre refus de réduire le surdouement à la
précocité de l’intelligence [...] »
Ainsi, nous sommes-nous arrêtés sur le terme de surdoué parce que : scientifiquement et humainement le plus juste, construit selon les règles, global (et non décrivant un seul un aspect particulier : HP, HQI, précoce, etc.) et déclinable : surdouement, douement, douage, douistique, douance, etc. Il prend en compte la personne dans tous ses aspects : intellectuel, certes, mais aussi psy- chosociorelationnel, comme en terme psychopédagogique. Bien discriminer Certains termes sont tenus pour synonymes ou équivalents, alors qu'il n'en est rien, ce qui entrainent confusion, incompré- hension et interventions inadaptées. Notamment ces quatre mots-clés : aptitudes -
capacités - compétences - talent
Le tableau, ci-après, donne un aperçu de la nécessité de bien les différencier, car ils ne recouvrent pas les mêmes choses : ![]() Il ne s'agit pas de querelles byzantines sur le sexe des anges, mais, si l'on veut comprendre et aider les personnes surdouées, il importe fortement de commencer par éliminer ce flou terminologique, produit d’un manque de discrimination conceptuelle, qui entraîne des prises de positions plus idéologiques ou fantasmatiques que scientifiques et éducatives. Aussi, l’ima- ge du surdouement dans le public, comme chez les professionnels de l’éducation ou de la santé, résulte-t-elle, le plus souvent, de stéréotypes ou d’amalgames qu’elle n’est le reflet de réalités tangibles, de connaissances réelles et assi- ses sur un corpus théorique solide, scientifique et spécifique. La publication, par Eurotalent, en juillet 1998, d’un document intitulé : Du Don au Talent [4], devait synthétiser la création de termes justes s'appuyant sur des concepts clairs et discriminants, qui rende compte des réalités concrètement rencontrées, pour faire avancer la compréhension du phénomène et, partant, la prise en charge des difficultés rencontrées par les enfants et les adultes surdoués, comme pour faire évoluer leur image sociale et sociétale. Notes [1] Nicolas Boileau, (Art poétique, Chant I).
[2] J. Brunault, in Lettre à M. T. Hadjidemetriou, Rapporteur de L’éducation des enfants particulièrement doués dans le système d’enseignement ; Commission de la Culture et de l’Éducation du Conseil de l’Europe ; 1993; p. 3. [3] J. Brunault & R. Pagès : Bilan et projet à la suite d’une mission Eurotalent à Moscou ; Eurotalent, 1995 ; p. 4 [4] Jean Brunault, Adriana Mélo-Salinas, Pierre Morin, Robert Pagès, Marie-Claude Vallet : Du Don au Talent, 1998, Éd. Eurotalent. |