Introduction


Comprendre

Le comportement

Les concepts

La Psychométrie
Vers le test
Les Wechsler
Que mesure-t-on ?
Les résultats
La distribution des QI
Un profil particulier
Le choix du seuil
Les Tests Autodoxes
Le Coopersmith
L'inventaire chrestique
Indicateurs chrest.
Indicateurs matières
Synthèse

La Douistique

Le Poids Sociétal


Accompagner

Former


Informer


Annexes







Comprendre


Les approches psychométriques


Vers le test

Si des indices comportementaux : généraux, somatiques ou scolaires, lorsqu’ils sont relevés correctement et croisés,
peuvent attirer l’attention des intervenants éducatifs (parents, enseignants, psychologues…), sur un probable surdouement, il demeure cepen- dant indispensable de vérifier objectivement cette hypothèse sur un test d’efficience intellectuelle. Mais, pour que les résultats soient réellement probants, encore faut-il :
    - que la personne soit en état physique et psychologique de passer cette évaluation et adhère à l'examen,
    - que le test soit pertinent à ce que l’on recherche,
    - qu’il soit récent et correctement étalonné,    
    - qu’il soit adapté à la tranche d’âge,    
    - que la passation soit standard (en une seule fois et complète, selon le protocole prévu),
    - et que la relation enfant-psychologue soit de nature aidante.

Un enfant avec 40° de fièvre, en pleine déprime ou en pleine révolte (agressive ou mutique), un accueil glacial ou narquois - situa- tions vues, hélas - ne permettront pas à la personne d’exprimer tout son potentiel. Certaines passations : test incomplet, passa- tion en trois fois et plus, extrapolations abusives vers la pathologie, erreur de calcul des QI (addition des optionnels), remplacement d’épreuves par d’autres d’un test différent, etc. ne sont pas de nature non plus à donner un résultat correct.

Encore faudrait-il que le psychologue sache interpréter les résultats pour une population qui présente des particula- rités manifestes, y compris sur le test, et sur laquelle sa formation spécifique, quand elle existe (tests et personnes sur- douées), est fort discrète, quand elle n'est pas abusivement tirée vers la pathologie. Encore faudrait-il qu’il soit capable de donner à l’enfant et à ses parents (ou à l’adulte) les conseils pertinents. Ce qui implique une excellente connaissance :
    - des tests de Wechsler et de l'analyse fine des résultats pour cette population,
    - des personnes surdouées, de leurs particularités et difficultés individuelles,

    - et des actions susceptibles de les aider à les surmonter.

Mais, l’état dans lequel nous trouvons nombre d'enfants, adolescents, jeunes adultes et adultes, qui ont suivi/subi diverses prises en charge (parfois sur plusieurs années) de multiples spécialistes (psychomotricien, orthophoniste, psychothérapeute, psychanalyste…), sans que jamais la moindre synthèse de ces différentes thérapies n’eût été faite et/ou la spécificité de l'enfant prise en compte, résulte d’une formation indigente, d'idéologies archaïques ou de l'enfermement des spécialités dans leur tour d'ivoire …
         Il faut dire que l’étude des personnes surdouées et des surdouements est quasi absente du cursus universitaire ou ren- voyée aux schémas explicatifs pathologiques classiques et non-pertinents, quand elle n’est pas tenue pour haute fantaisie et la demande de test pour fantasmes de parents délirants, en mal de réparation, de reconnaissance sociale ou d'enfant idéal.
          Il faut dire encore que la psychométrie, étude quantitative et statistique des phénomènes psychiques, notamment par les tests, n’est, le plus souvent, nullement approfondie dans le cursus de formation des psychologues, voire tenue en piètre estime par beaucoup d’entre eux, sans doute considérée comme un art mineur, un art mécanique, comme une approche de seconde zone au regard de la toute puissance freudienne de la parole et de l’intuition clinique.
          Il faut dire enfin, que très peu de recherches sont orientées sur la compréhension du surdouement, en raison de préven- tions archaïques ou mythiques qui restent obstinément attachées à ce domaine ou de conflits ineptes entre attitude clinique et attitude psychométrique, entre l’inné et l’acquis… L’expérience quotidienne, hélas, nous démontre l’insuffisance, pour cette population particulière au moins, de la seule approche clinique classique, des risques d’erreurs flagrantes et dramatiques qu’entraîne la non-connaissance des spécificités, comme des souffrances de cette population que la volonté de déni ou de normalisation ou de pathologisation outrancière engendre ou laisse perdurer, quand elle ne les renforce pas.  

Après dix-sept années d’expérience et de recherches, nous nous proposons de faire part de nos axes de travail, en espérant que cette contribution puisse améliorer la reconnaissance et la prise en charge des personnes surdouées.




Les Tests de Wechsler


Bien que l'on dispose de nombreux tests pour mesurer l'efficience intellectuelle, certains très sectorisés (logique mathématique ou spatiale, fourchette d'âge limitée, par exemple), les échelles de Wechsler sont les plus utilisés et les plus pertinents : large spectre d'aptitudes, fiabilité, large empan d'âges en trois séries : WPPSI (Wechsler Preschool and Primary Scale of Intelligence) de 2ans 6 mois à 7 ans, WISC (Wechsler Intelligence Scale for Children) de 6 à 16 ans 10 mois et WAIS (Wechsler Adult Scale of Intelligence)
de 17 à 90 ans. Les Wechsler sont de plus ré-étalonnés environ tous les 10 ans.
            Seuls les psychologues sont habilités à faire passer ces tests (les soi-disant tests sur Internet ne sont pas valides). La durée de passation est en général de 1H30 à 2H, mais avec certains enfants un plus long temps est parfois nécessaire (pauses).
           Ils se composent de deux parties l'une verbale : les questions et réponses sont données par oral, l'autre à base instru- mentale les épreuves étant construites à partir d'objets : images, puzzles, cubes, etc.



Que mesure-t-on ?

Certainement pas l'Intelligence avec un grand "I", mais un large choix capacités sur des épreuves de difficulté croissante, chaque réponse étant cotée en fonction d'un barème : c'est la note brute, puis ramenée à une table statistique, en fonction de l'âge, cotée de 0 à 19, la médiane se trouvant à ±10, c'est la note standard qui permet de comparer des sujets d'âges différents. Il va de soi qu'un enfant ayant réussi 10 épreuves à 10 ans obtiendra ainsi un meilleur score qu'un enfant de 14 ans ayant obtenu le même résultat. Après deux non-réponses consécutives l'épreuve est arrêtée.
         Certaines épreuves sont chronométrées d'autres non (partie verbale).
        Ces notes sont assez prédictives de la réussite scolaire, à conditions que le cursus et la pédagogie soient adap- tés aux capacités et au rythme d'apprentissage de l'enfant.



Les résultats

Quels qu'ils soient, si le test est passé dans de bonnes conditions ils sont révélateurs de l'efficience intellectuelle du sujet. Ils sont dûs à la personne elle-même et doivent être annoncé en détail avec les explications nécessaires dans un langage appro- prié à l'âge de l'enfant, ils sont dûs aussi à la famille (enfant mineur).
       Ils ne peuvent se réduire à la seule annonce d'un QI (Quotient Intellectuel), voire de trois pour les anciennes versions (QI Total (QIT), QI Verbal (QIV), QI Performances (QIP) ou pour les nouvelles versions d'un QI et des quatre Indices : Compréhension Verbale (ICV), Raisonnement Perceptif (IRP), Mémoire de travail (IMT) et Vitesse de Traitement (IVT). Ils doivent comporter une analyse fine des résultats aux différents subtests, c'est à dire l'étude du profil intellectuel du sujet.




La distribution des QI
Par définition 50% de la population obtient un QIT de 100. En des- sous d'un QIT de 70, se définit la déficience intellectuelle, de 70 à 79 le niveau est dit : faible, de 80 à 89 : moyen-faible, de 90 à 109 : moyen, de 110 à 119 : moyen-fort, de 120 à 129 : supérieur, de 130 à 160 : très supérieur. Le maximum de la cotation est à 160.
       Selon les auteurs, le surdouement est seuillé à 130 (2,27% de la population, WISC) ou à 125 (4,78% de la population, Terrassier).

Notre expérience et nos études nous indiquent que situer le sur- douement intellectuel par rapport au seul QI est parfaitement illu- soire, en raison : 1/ des forts écarts entre Verbal et Instrumental, les QIV et QIP > 12 ou 15 points très fréquents chez les personnes surdouées : QI dit hétérogènes, 2/ des situations de masquages (volontaires) ou des inhibitions (involontaires) qui peuvent ne pas révé- ler la réalité du sujet testé.

Seule l'étude du profil peut amener à statuer véritablement.



Un profil particulier
Il ressort tant de l'étude du WISC III que de la nôtre (n273) que par rapport à la courbe moyenne de la population assez plate (en gris) , les deux courbes concer- nant les personnes surdouées présentent un profil bien particulier, la différence entre la courbe du WISC (enfants précoces : verte) et la notre (bleue) tient au choix du seuil : QIT 130 pour le WISC et 125 à l'un des trois QI pour nous, afin de tenir compte des masquages et inhibitions, mais aussi à un nombre plus élevé de sujets (WISC : 80 contre 273). Malgré cela, les courbes sont de même dessin, avec une diminution de niveau due aux effets de seuils.

Il y a donc bien un profil spécifique des personnes surdouées.

Les études sur la WAIS et sur le WISC IV donnent le même résultat. La diffé- rence entre sexes est peu marquée sauf sur le Code : + 2 pts  en moyenne pour les filles, ce qui signifie, bien plus que de meilleures aptitudes en graphomo- tricité, une meilleure adaptation scolaire, ce que vérifient toutes les données de résultats scolaires quels que soient l'âge et les pays.

Seule l'étude fine du profil, indiquant les forces et les faiblesses du sujet, est à même d'amener à comprendre les spécificités du surdouement et les particularités du sujet et, ainsi, de mieux adapter l'offre scolaire en fonction des besoins et des difficultés éventuelles de la personne.



Le choix du seuil

Nous nous sommes vite aperçus (étude n273) et ant., par exemple, que le QIT (le QI), tenu par beaucoup pour la clé universelle, n'est que d'une signification tout à fait illusoire, ne disant rien du mode de fonctionnement du sujet. Les trois QI (au WISC III : Verbal, Performances et Total) ne sont pas plus bavards, ces moyennes lissant les disparités qu'il importe de prendre en compte.

Or, n
ous observons, en effet, une continuité de dessin de la courbe de QIT de 110 à QIT 160, bien différente de l'étalonnage classique et bien typique du surdouement en prenant un seuil à 125 sur l'un des trois QI (V ou P ou T).

La chute relative au Code nous semble plus significative de la mésadaptation sco- laire que de la graphomotricité. La chute relative d'Arithmétique est un bon indice du niveau de stress, notamment sous la pression du temps.

Nous considérons, avec Alain Gauvrit [1], que les chutes (sauf atteintes céré- brales, rares) ne sont pas constitutives, mais résultent de conditions biopsy- chosociales trop négatives, atteignant non l'aptitude en elle-même, mais sa seule expression, et sont réversibles par un accompagnement spécifique.

Seule l'étude fine du profil permet de s'affranchir du QI dans les cas d'inhi- bition/masquage au test pour la détermination du surdouement.

        Voir : Approche dousiticienne)

Note
[1] Dr Alain Gauvrit, pédopsychiatre, ancien psychiatre des hôpitaux,  in Le complexe de l'albatros, Conf. à Tours, 1996.


Les tests autodoxes


La personne surdouée n'est pas qu'un haut potentiel intellectuel, il importe donc d'interroger aussi ses autres dimensions :
1/ psycho-socio-relationnelles, l'individu interagissant avec différents milieux : amicaux, familiaux et scolaires ;
2/ mais, également, de mesurer comment elle utilise ce haut potentiel, notamment en milieu scolaire.

À cette fin, nous utilisons deux tests autodoxes : c'est-à-dire où la personne s'évalue elle-même en fonction de situations habituelles. Pour être parfaitement subjectives ces réponses n'en sont pas moins essentielles pour percevoir l'image qu'elle a d'elle-même, repérer les secteurs problématiques et, ainsi, apporter une aide ciblée si nécessaire.

Ces deux inventaires sont le SEI (Self Estim Inventory) de Coopersmith et l'Inventaire chrestique de Jean Brunault. Ils donnent, avec le Wechsler, une image plus complète de la personne surdouée en trois dimensions, ce qui permet une bien meilleure compréhension de ses aptitudes avec forces et faiblesses, mais aussi de son insertion sociale et de mesurer et comprendre le paradoxe, si souvent décrit, entre hautes aptitudes et rendement scolaire  moyen ou faible.



Le SEI de Coopersmith

Nous avions été frappé par la constance importante d'auto-jugements dépréciatifs de nombreuses personnes surdouées : Je suis NUL ! Même chez ceux qui avaient conscience de leurs hautes aptitudes. Paradoxal ! L'estime de soi est une base essentielle de la construction identitaire et de la réussite humaine, scolaire ou professionnelle.

Maslow décrit très bien l'échelonnement des besoins fondamentaux de l'être humain et leur hiérarchisation jusqu'à parvenir à la pleine réalisation de soi ; chaque étape impliquant la bonne résolution de la précédente :


 
Nous avons donc cherché à mesurer ce phénomène et le SEI (Self Esteem Inventory) de Coopersmith s'est avéré un bon instrument permettant de sectoriser les atteintes pour mieux aider la personne : estime intrinsèque, secteur familial, paritaire, scolaire, estime totale et indice de défense.

Nous avions diligenté deux études (SEI n44 et SEI n35 en secteur scolaire), puis une troisième plus importante SEI n97. Les trois études sont concordantes à 1 point près. La moitié des personnes surdouées entre 7 et 25 ans (SEI version scolaire)  ont une image d'elles-mêmes basse à très-basse contre seulement 11% d'éle- vée à très-élevée, ce qui est paradoxal au vu de leurs hautes aptitudes.

Cette situation relève de trois facteurs directement liés :

1/ à l'écart V/P, donc à l'hétérogénéité du profil qui concerne au moins 25% des enfants au WISC III.

2/ au traitement psychosocial (non-reconnaissance, mésadaptation scolaire, hu- miliations, voire maltraitance...) qui provoque inhibition (43%) ou stress (40%).

3/ au niveau toujours élevé de Compréhension qui marque une attente un peu angélique des rapports sociaux, peu conforme aux réalités.

Voilà de quoi réfuter les prétendues enflures de l'égo alléguées par quelques professionnels mal informés ou victimes de préjugés idéologiques malsains.


Il est important de savoir sur quels secteurs se construisent ces déficits et leur importance. Le SEI comporte six variables : estime totale (T), estime intrinsèque (G) et trois secteurs sociaux : camarades (SOC), familial (FAM), scolaire (SCO), et un indice de défense (M). Globalement la situation ne semble pas catastrophique :


Général
Social
Familial
Scolaire
Total
Défense
en pts
-2,764
-1,196
+0,173
-0,491
-4,268
-0,411
en %
-10,61
-14,95
+2,16
-6,13
-8,53
5,14

Mais si l'on sépare l'échantillon en deux parties quasi égales 1/ T≥ à la moyenne et 2/ T< à la moyenne, les résultats sont bien différents et bien significatifs :
Les quatre valeurs extrinsèques, résultats des interactions avec les différents milieux, en pourcentages des échelles (8 pts) et en fonction des deux sexes et de la situation > ou < à la moyenne du SEI T, montrent de très grandes disparités.

Pour la moitié T ≥ 33,35 (en vert), comme au Wechsler, les filles (F) sont plus à l'aise dans le Scolaire que les garçons (G) (SCO +12,50%), légèrement plus sur le Social (SOC +6,26%), mais un peu moins dans le Familial (FAM -1,99%), l'indice de défense (M) par sexe montre une faible différence F/G.

Pour l'autre moitié T<33,35 (en ocre), les choses sont plus marquées en écart F/G. Les filles sont sur le Social moins déficitaires que les garçons (SOC +22,19%), se vivent un peu mieux sur le Scolaire (SCO +2,97%), par contre elles souffrent davantage sur le plan Familial (FAM +17,95%) et sont beau- coup plus défensives par rapport au test (M +12,18%).



Si le milieu familial reste globalement positif, il n'en reste pas moins que les parents devront être plus vigilants envers les filles quant au ressenti de sécurité affective, tout comme aux problèmes de socialisation et scolaire des garçons et à l'adaptation de leur cursus  quel que soit le niveau de T.

Pouvoir repérer dans l'environnement les secteurs les plus touchés : paritaire, familial ou scolaire, permet de mieux comprendre comment et où se sont constitués les mécanismes de blocage ou d'inhibition qui se sont mis en place au cours de l'histoire de la personne et donc, en les ciblant de façon plus précise, de mieux travailler à leur résolution.




L'inventaire chrestique

Le paradoxe : aptitudes élevées et rendement scolaire ou professionnel moyen, voire médiocre, ne trouvait pas de réponse satisfaisante dans le seul Wechsler. La théorie de Pagès des fonctions chrestiques, du grec κρησ : « utile », selon laquelle : les aptitudes s'utiliseraient les unes les autres et que leur mise en œuvre dépendraient de facteurs biopsychosociaux négatifs ou positifs, éclairait de façon pertinente le problème posé.

« Cette fonction d’utilisation des aptitudes par les aptitudes est une fonction essentielle à étudier, car les aptitudes sont utilisées par deux types d’agents : premièrement le sujet lui-même, et deuxièmement, les gens de l’extérieur, qui cherchent à les utiliser, c’est-à-dire à drainer ces aptitudes dans leur sens. C’est pour cela que je dis que c’est une fonction chrestique, une fonction d’utilisation. » (1995).

Dès 1990, Jean Brunault mettait au point un Inventaire chrestique pour mesurer ces fonctions sur le plan scolaire, sur cinq indicateurs spécifiques et par matières enseignées. Ces indicateurs sont très précieux pour la mise en œuvre des actions de douage (voir : Approche douisticienne) pour les enfants en mésadaptation scolaire. Cet inventaire complète très heureusement les données du Wechsler et celle du SEI.



Les indicateurs chrestiques

Au travers de 5 indicateurs : plaisir, attention, persévérance, facilité des efforts et image de la réussite se dégage le ressenti de l'enfant qu'il évalue sur une échelle en 11 points sur l'ensemble de ses matières scolaires. Ces 5 indica- teurs marquent l'utilisation de ses aptitudes intellectuelles, mais aussi sociales.
       Un questionnaire sur sa vie hors école, en 10 items, complète les données.

L'item persévérance est le plus souvent relativement chuté, il est très lié au plai- sir et, en raison des facilités intellectuelles et notamment d'une grande mémoire de travail, la notion d'effort, si elle peut être de bon niveau occasionnellement et brièvement, ne résiste guère dans la durée si le plaisir baisse.

Il y a là toute une action de douage à entreprendre pour une meilleure utilisation de la mémoire à long terme (qui demande un effort), pour un apprentissage à l'effort, mais qui doit rester lié au plaisir d'apprendre si l'on veut une action efficace. La persévérance est aussi très en lien avec le sentiment d'échec, vécu non comme une péripétie ordinaire dans une séquence d'acquisition, mais comme globale et remettant en cause l'enfant dans sa personnalité profonde.

Sur notre échantillon, si la moitié des enfants ont une chrestie d'assez forte à extrême, un quart sont dans une moyenne – mais peu en rapport avec leurs hautes aptitudes – un autre quart est en déficit chrestique et près de 10% en déficit grave. Ces déficits sont en général liés à un profil hétérogène au Wech- sler, repérables également sur le SEI (G et SCOL). Le croisement de ces données permet plus finement de repérer les causes donc de mettre en place des actions de douage ciblées plus efficaces.


Les indicateurs matières

Sont indiqués en vert les indicateurs les plus performants, en rouge les moins bien vécus, en bleu ceux qui sont dans la moyenne, sur une échelle à 11 pts (0 à 10).
     Pour les fondamentaux, si Écrire reste faiblement investi, Lire est au pinacle. Nous retrouvons tout à fait les données comportementales.
     Contrairement aux idées reçues : EPS est d'excellent ressenti, l'intello peut être aussi sportif.
    La Grammaire est mal vécue, en raison de la perception d'un manque de logique des règles, de leur mode d'apprentissage répétitif et de l'absen- ce de justification historique des bizar- reries grammaticales.
   Algèbre souffre du changement de repères et symboles.
   Éducation civique est vécue comme trop abstraite, sans utilité concrète.
    Enfin, les surdoués ne feront pas de bons mystiques, la logique et le religieux ne font pas bon ménage depuis Abélard.

       Informatique et Technologie sont en grande faveur par leur aspect, moderne, concret et logique. Les Arts plastiques sont aussi à l'honneur, comme quoi la chute au Code du Wechsler n'empêche pas une motricité fine !
       Le côté relationnel est donné comme excellent, mais il est souvent en parfaite contradiction avec le SEI, de même que les relations avec les enseignants, d'où l'importance de croiser les données pour repérer le masquage de certaines réalités.



Synthèse

L'exploration des aptitudes pour être efficace ne doit pas être univoque (Wechsler seul), mais transdisciplinaire. Il ne s'agit pas d'alourdir la passation pour le plaisir, mais d'obtenir une image de la personne au plus près de ce qu'elle est réellement, en dépit des masquages ou des inhibitions qui peuvent fausser fortement les résultats et que le croisement des différentes don- nées permet de révéler pour engager une aide éventuelle efficace.

Trop souvent, les enfants surdoués sont l'objet d'évaluation dissociées, sans que jamais la moindre synthèse ne soit produite et mis en lien les différents éléments. La personne surdouée, comme sa famille ou ses enseignants ne sont pas en capacité de relier ces différentes informations par manque de formation. Le millefeuille ainsi constitué ne peut donc qu'être indigeste.

Aussi, œuvrons-nous pour une prosynthèse donnant les informations permettant à la personne d'être pleinement actrice de son présent comme de son futur et à son environnement de travailler en synergie avec elle.