Introduction


Comprendre

Le Comportement

Les Concepts

La Psychométrie

La Douistique
Le paradoxe
Les clés
Les blocages
La douistique
Ses objectifs


Le poids sociétal


Accompagner


Former


Informer


Annexes








Comprendre

L'approche dousiticienne


Le paradoxe

Chez les personnes surdouées apparaît, très souvent, le paradoxe : haute intelligence / faible rendement scolaire.

Voila un élève évalué pourtant comme très intelligent qui présente des résultats scolaires médiocres, voire nuls. Or, les tests d'efficience intellectuelle, type Wechsler, sont censés être prédictifs de la réussite scolaire. Paradoxe ! Alors, totale incom- préhension des parents et des enseignants. Et les reproches de pleuvoir dru des deux côtés sur l'enfant, ne faisant que ren- forcer encore le manque de rendement scolaire. Alors, de nier les résultats du test et le surdouement, puisque l'enfant ne donne pas les résultats escomptés par le test ou d'attribuer cette situation : à la faignantise, une rébellion, une mauvaise édu- cation parentale, une situation familiale difficile, voire à une pathologie : dépression, hyperactivité, etc. Terrassier avait mis ce paradoxe au compte de la dyssynchronie (écart entre le développement intellectuel et le reste du développement), mais certains enfants qui présentent ce même écart fonctionnent très bien scolairement parlant.
Les causes seraient-elles donc ailleurs et le sujet plus complexe ?



Les clés

René Descartes dans le Discours de la méthode nous en donne les clés :

« Car ce n’est pas assez d’avoir l’esprit bon, mais le principal est de l’appliquer bien. »

Donc, selon Descartes, la possession de l'intelligence n'entraîne pas ipso facto sa bonne utilisation. Il existerait donc entre intelligence et réalisation des facteurs inhibant ou, au contraire, optimisant le passage à l'acte.

Robert Pagès et Jean Brunault en travaillant sur cette hypothèse ont créé et développé la notion de fonctions chrestiques, du grec « chrèse » : utilisation, c'est-à-dire que la mise en œuvre des aptitudes, au travers des capacités, est soumise à un certain nombre de facteurs et de conditions qui vont la favoriser ou au contraire l'inhiber, voire la bloquer.

Les tests d'efficience intellectuelle ne demandant qu'un minimum de mise en œuvre sont, généralement et sous conditions d'une bonne relation avec le psychologue et d'un bon état psychologique, assez peu sensibles aux blocages ou aux inhibitions (sauf fortes tentatives de normalisation) ; ils laissent donc bien entrevoir, en tout ou en grande partie, les aptitudes, surtout dans le champ verbal, l'instrumental (Performances, IRP, IMT, IVT)) semblant plus sensible aux atteintes du milieu. Par contre, les réalisations (dont scolaires) qui demandent un maximum de mise en œuvre sont très sensibles aux phénomènes négatifs et notamment au travers la perte de l'estime de soi (voir Pyramide de Maslov).



Les blocages : facteurs antichrestiques et chrestiques

Les premiers proviennent de souffrances ressenties qui génèrent des mécanismes de défense tentant de soustraire le sujet à la situation difficile (fuite) ou de modifier un milieu vécu comme négatif (agressivité, passivité, refus, etc.). Ils peuvent se constituer progressivement ou brutalement à la suite d'une situation que le sujet ne sait pas, ne veux pas ou ne peux pas gérer (mise en échec, humiliation, etc.) : traumatisme fort et unique ou, beaucoup plus souvent, succession de nanotraumatismes qui peuvent sembler anodins en eux-mêmes à l'adulte, mais qui, quotidiennement répétés (vexations, harcèlement, persécution, souvent des pairs) aboutissent au même résultat. Ces derniers plus insidieux, plus difficiles à repérer, n'apparaissent au jour que lorsque la goutte d'eau a fait déborder le vase. Ils n'en sont que plus destructeurs et plus difficiles à traiter. La très grande sensibilité (souvent masquée) des enfants surdoués, activée ou réactivée par les traitement qu'ils subissent, rendent les blocages, partiels ou totaux, très fréquents. Une des difficultés de repérage ressort aussi du fait que l'enfant peut alternativement ou successivement employer plusieurs stratégies de défense : rébellion, fuite, soumission-inhibition. Cette dernière étant la pire.



Les actions sur les facteurs chrestiques impliquent la reconnaissance :
- d'un fonctionnement intellectuel différent et spécifique,
- d'une hypersensibilité native trop souvent augmentée par les mésajustements,
et l'arrêt des tentatives de normalisation à la moyenne.



La douistique


Blocages ou manque d'élan repérés et correctement analysés, il devient alors possible d'intervenir avec efficacité pour rétablir l'équilibre entre niveau d'aptitudes et niveau de réalisation. La douistique :

« science et pratique de la conduite sociale appliquée au douement » (R.Pagès & col. 1996),

basée sur les travaux de Pagès et Brunault en agissant sur le fond, permettra par des actions de douage :

« méthode de développement des aptitudes appliquées au douement sans conditions de rentabilité immédiate, mais plutôt aux fins de constitution, pour chaque personne, d’un viatique permanent  à vie. » (Pagès, R. & col.,1996).

par auto-douage ou allo-douage permettront de réajuster aptitudes et réalisations, là où les actions de type strictement pédagogique (cours particuliers) ou les thérapies ordinaires agissant uniquement sur les symptômes se montrent peu efficaces.

       Cette approche, particulière, pluridisciplinaire, expérimentée depuis 17 ans, avec enfants, adolescents et adultes tente de prendre en compte tous les paramètres qui régissent la vie humaine, dans leurs interactions (Voir : pyramide de Maslow), dans une vision globale de la personne.
      Il s'agit non de tenir à la personne un discours sur elle-même, mais de lui donner les outils de compréhension de son fonctionnement intellectuel et psychoaffectif et des interactions de ses particularités avec son milieu, pour qu'elle puisse évo- luer, au rythme qu'elle décidera, de la façon qu'elle choisira et quand elle le voudra, dans un dialogue rassurant et stimulant.
      Il s'agit aussi de donner à l'entourage familial et scolaire les outils indispensables à la compréhension et à la gestion du surdouement et, notamment, de traduire les données psychométriques en données éducatives pour les parents et en données pédagogiques pour les enseignants.

L'échange, lors des entretiens, ne peut se faire qu'à parité, en excluant toutes postures dominant/dominé, soignant/ soigné, enseignant/enseigné, qui ne mènent qu'à un échec plus ou moins rapide, la personne surdouée se murant dans le refus (inertie ou rébellion) ou servant alors la soupe qu'elle croit attendue, se conformant au modèle proposé pour qu'on lui fiche la paix (mais n'en pensant pas moins et se construisant des défenses bétonnées !), ou abandonnant son identité propre, croyant ainsi résoudre ses difficultés, quand elle ne fait que les déplacer. L'échec de précédentes prises en charge rend l'exercice plus difficile et plus long, mais pas impossible, il faut d'abord rétablir la confiance.
        Il ne s'agit pas d'un travail en solitaire avec le seul enfant, il est hautement souhaitable et souhaité que puisse s'établir un partenariat de franche coopération et collaboration entre le douisticien, la personne, la famille et l'école. Cela suppose une circulation des informations utiles - et seulement celles-là - dans un vrai travail d'équipe.



Les objectifs de la douistique

 1- Réconcilier la personne avec elle-même par la prise de conscience :
- de ses aptitudes,
- de ses blocages ou inhibitions,
- de son pouvoir de changement sur elle-même.
 
 2- Réconcilier la personne avec son environnement par la prise de conscience :
- de son mode de lecture des réalités sociales et relationnelles,
- du mode de réponse sociale et de ses pièges,
- des possibilités d'intervention.

 3- Accompagner et soutenir la personne dans la mise en œuvre :
- de ses changements personnels,
- de ses négociations scolaires, relationnelles et sociales,
- de sa reconstruction identitaire.

archer